La furie meurtrière d’un régime aux abois : l’anatomie d’une dictature tourmentée par 31 ans de règne.

Publié le par Crieur public

La furie meurtrière d’un régime aux abois : l’anatomie d’une dictature tourmentée par 31 ans de règne.

A présent comme dans «  le roi se meurt » de Eugène Ionesco, Idriss Deby assiste impuissant à la déliquescence de son royaume rongé de toutes parts par des « asticots » faisant paniquer le roi. 

Au Tchad, le roi se meurt car le président démocrate, Idriss Deby vogue vers le dernier rendez –vous qu’il a avec lui-même, avec l’histoire et les fantômes de son long règne d’assassinats, d’éliminations systématiques et de torture.

Sans surprise alors qu’il vient de se faire réélire  pour la sixième fois au prix d’une des pires mascarades électorales de l’histoire, voilà que le pays se retrouve face à ses vieux démons.  Une rébellion opiniâtre  manifestant la profondeur de l’amertume de tout un peuple est  en train de marcher laborieusement mais glorieusement  sur  N’djamena la capitale, comme en 2008. Des colonnes rebelles lourdement armées progressent dans l’espoir de prendre la capitale, et rien ne prouve qu’elles n’y parviendront pas !

La puissance protectrice française consolidant et renforçant les dictatures des droits en Afrique  pour ses intérêts égoïstes, miniers et géostratégiques  a du pain sur la planche, car il semble impossible que le régime  Déby sorte vainqueur de cette nouvelle bataille. L’armée est en déroute et dispersée dans des missions contradictoires toutes nécessaires. L’équation parait donc rude!

Ce n’est un secret pour personne que le pouvoir absolu finit par créer le recours aux méthodes radicales de lutte, surtout contre un régime monstrueux. La rébellion du FACT, le front pour l’alternance et la concorde au Tchad fait parler par nécessité le langage de la violence, le seul qu’entend malheureusement le dictateur , grisé par le pouvoir et habitué à des crimes de masses que laisse –faire le monde entier pour d’évidentes raisons impérialistes , économiques et géopolitiques.

 Née d’une coalition de quatre (04) factions, la rébellion du FACT apparait comme l’incarnation de l’ultime espoir d’un peuple fatigué d’être fatigué  des mêmes hommes du même système d’oppression et de terreur. Sous prétexte de lutter contre le terrorisme, le régime tchadien terrorise lui-même les tchadiens; il les affame, les conduit  sur les chemins douloureux de l’exil sans fin.

Les gens se souviennent pour peu qu’ils soient patriotes, la démocratie au Tchad  depuis Deby porte la marque indélébile de la répression, du chantage et de la  terreur sourde et aveugle.

 En effet, « quelques mois après sa prise  de pouvoir en 1990 par les armes, DEBY fait son autoévaluation comme tous hommes conscients ou inconscients le feraient.  Il constate que l’Est du pays est une poudrière identitaire  à dompter pour mieux régner. Il  s’aperçoit également qu’il ne pouvait diriger ce pays dans la stabilité malgré l’apport et le soutien de ses amis impérialistes. Conscient de ses faibles compétences  à  gouverner,   il décide de libérer le démon meurtrier en lui, régnant par la tyrannie et le bout du fusil. Nous ne referons plus l’histoire du septembre noir au sud Tchad où Deby s’illustra  comme  un " invétéré tueur " des ''Sudistes''.

 Des puits et cours d’eau furent empoisonnés de produits chimiques  toxiques et mortels, des champs et troupeaux brûlés sur pieds, des hommes tués, égorgés, battus à mort ou tué par balles. Les crimes les plus odieux que le Tchad ait connus depuis les indépendances furent perpétrés. Ce qui fait de DEBY un criminel invétéré de guerre, ayant commis tous les crimes contre l’humanité et des crimes de génocide.  C’est l’éloge de  la démocratie dictatoriale marquée par le primat de la forme sur le contenu et des crimes économiques.

Aux premiers jours, il fait un discours énigmatique empreint de ruse et de fourberie prétendant apporter un changement à tout  prix au calvaire infligé par HISSEN HABRE  et  sa police politique; la  direction de documentation et de la sécurité (DDS).

Tout le monde voulait tourner la page. Et  C’est  Sous les barbes des adultes et dents de lait  des enfants que le fameux discours a été  servi à la télé : « je vous ai amené ni or, ni argent mais la liberté ». Deby  profite de l’extase naïve du peuple passer son message.

Voilà qu’aujourd’hui, après  31 ans de règne sans vision, le peuple tchadien dans son ensemble adresse au dictateur un regard chargé de haine et de tristesse qui se manifeste par des armes et la mort. Le Tchad hisse l’emblème de la « kalachtocratie ». C’est avec  des chars  de combats, des blindés de guerre de l’armée, la kalachnikov qu’on cultive la paix au palais rose, l’antre de Deby sous le tourbillon des FAC en ce moment.

La politique, le social et l’économie ont pris du plomb dans l’aille. Plus rien ne va en dehors du crime et du meurtre : violence, terreur, assassinat, mépris, arrogance, gabegie, viole, vole….  sont devenus  des instruments de bonne  gouvernance démocratique. Ce gangstérisme d’État a n’en point finir a aiguisé la volonté de plusieurs groupe de rébellion qui se sont succédés dans le temps.

Si j’avais eu le pouvoir d’HIRO NACAMURA, j’aurais voulu élucidé ce jour-là  l’énigme à toutes les générations.

Au bas mot ce discourt dit tout simplement : nous avons la liberté de fuir ou de mourir.

Ceux qui ont décidé de rester défendre  les   valeurs, les biens, les familles ont parfois payé au prix  de l’humiliation ou de leur vie.

Pour ce qui est des assassinats, on peut citer entre autres:

Maitre BEHIDI, ABBAS KOTI, MALDOUM ABBAS, KETENODJI MOISE, LAOUKEIN BARDE, ... seront tué pour avoir osé s’opposer au régime de 1990.

Le professeur Mahamat Saleh, Ibni Oumar sera enlevés  en février 2008 des hommes armés du régime et «  portés disparus »  jusqu’à nos jours.

, La liste est longue!

Tous ces leaders sont passés au couloir de la mort  juste pour avoir manifesté leur liberté  d’expression et de  revendication qui sont  garanties par  la constitution  Tchad, inspirée du monde démocratique et civilisé.

Toute cette série de tueries comble  juste un manque quand on voit que notre président démocrate Idriss Deby à cette soif de porter des hauts galons de l’armée a tout prix. Même sans  mérite.

Du simple soldat après la prise du  pouvoir, du coq à l’âne  voilà déjà général. On se demande souvent c’est par quelle pirouette mais le constat est qu’il porte les quatre Etoiles (4) à l’épaule.

En somme en 31 ans de pouvoir, la mort règne sur le Tchad car ceux qui gouvernent ont comme le cœur verrouillé à toute forme de pitié.

 Et, le 23 mars 2020, l’armée  tchadienne sera humiliée comme jamais dans son histoire, d’un rude combat de 8H d’horloge face la nébuleuse secte Bokou Haram dans la Province du Lac Tchad. Bilan : 98 soldats tombés dans le rang des forces gouvernementales et d’énormes dégâts matériels. Sans compter des civils qui ont également perdu la vie dont des enfants et des femmes. C’est environ 400 éléments qui ont attaqué l’armée tchadienne. Mais pourquoi un tel bilan macabre? Est-ce une négligence militaire ou une partie de poker du pyromane Idriss Deby ?

Cette question a toute sa raison d’être posée quand on se souvient que pour une histoire tchado-tchadienne, les forces  BARKHANE frappent la colonne de FACT en 2019, mais pourquoi cette indifférence face cette attaque ? Nous rappelons que le combat a duré pendant 8h ce pendant 20munites de BARKHANE aurait limité les dégâts. Ou bien est-ce  pour dire que les mêmes causes ne produisent  pas forcement les  mêmes effets?  C’est ce qui nous pousse sur la piste des  ruses de DEBY.

Une autre question qui se pose est la suivante : Et si Deby avait  simulé lui-même cette attaque pour humilier  l’armée tchadienne et se faire valoir? S’ériger en parfait patriote, incontestable  guerrier pour aller lui-même sur le terrain en guise de représailles afin d’être élevé aux rangs du Maréchal d’aujourd’hui. N’est-ce pas la quête  du populisme ?

 Ainsi est-il devenu  « le maréchal  du Tchad »,  Comme pour dire que ce titre est valable sur les 1 284 000 Km2 que compte le pays. Quelle honte!

Les derniers incidents en date font simplement froids au dos .jamais le recours excessif à la violence comme instrument de contrôle d’un pouvoir démocratique aux abois n’aurait atteint de  telle proportion : carnages, intimidations, traques systématiques  à l’opposant. On est tenté de crier  au secours  car les tueurs du démocrate arrivent en silence. Ils étaient arrivés chez Yaya DILLO Betchi un opposant politique. Le bilan vous le connaissez, nous n’en  reparlerons  plus d’horreur. Le quartier général des transformateurs a été encerclé pendant 3 jours.

C’est désormais clair que la victoire électorale est au bout du canon des mitraillettes.

Vivement donc que les protagonistes abrègent  les souffrances des populations ayant payé un lourd tribut depuis longtemps et que la France se garde d’une intervention militaire pour sauver son poulain dans la débâcle de sa propre folie meurtrière. C’est le lieu  ici de profiter rendre un vibrant hommage à jean Luc Mélenchon, homme politique visionnaire français, qui  en appelle à l’abstention de Macron sur cette affaire purement intérieure, tchado-tchadienne. La dépendance est désormais révolue. 

 

Nadjitoide Arnaud

                                                                         (Crieur public)

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