COVID-19 : Que disent la science et le bon sens au sujet de confinement dans un pays pauvre ?

Publié le par Crieur public

COVID-19 : Que disent la science et le bon sens au sujet de confinement dans un pays pauvre ?

Le confinement localisé ou généralisé de la plupart des villes africaines, relève sans doute d’une action de santé publique à l’effet d’endiguer une vague épidémique.  Mais que dit la science sur l’efficacité d’une mesure aussi drastique que le confinement dans un pays pauvre ?

Le confinement dans un pays pauvre doit répondre à certains critères et règles sanitaires.

  • il faut d’abord au préalable mener des études scientifiques de forte puissance à but de  consensus en la matière.
  • Il faut des critères objectivement vérifiables à remplir avant de décréter un confinement dans n’importe quel pays ou ville au monde
  • Il faut essayer  d’autres mesures de santé publique aussi efficaces comme (le port de cache nez, se laver, respect de la distanciation …) de penser au confinement total.
  • Il faut une connaissance et maitrise des effets délétères du confinement au niveau psychologique, social et économique d’un peuple.

Nous venons par cet article apporter notre contribution. N’étant pas du domaine nous tenons à vous dire que ceci est le fruit d’une collaboration avec un médecin cardiologue Dr. KODINGAR D. Kevin. Une contribution objective uniquement basée sur les preuves et évidences scientifiques  sans ignorer les effets néfastes de cette mesure sur l’environnement socio-économique des pays à faible revenu a l’occurrence la plupart des pays africains.

 

Dr. KODINGAR D. Kevin : «   Voici 10 points tirés du  Confinement pour les Nuls ou comment comprendre le confinement »

  1. Plusieurs études scientifiques (modélisations souvent, malheureusement aucun test comparatif en raison de l'urgence de la pandémie)  ont confirmé l’efficacité du confinement pour arrêter une vague épidémique alors que d’autres  notamment une grande étude internationale récente démontre son effet contraire. Pour rappel, plusieurs pays dans le monde n’ont pas confiné au plus fort des pics épidémiques mais ont réussi à contenir leurs vagues (Corée du Sud, Taiwan, Singapour, Hong Kong, Suède et bon nombre de pays d'Afrique subsaharienne…). D’autres, qui ont confiné ou ré confiné continuent d'engranger des vagues successives !

Il faut retenir que le CONFINEMENT N'EST PAS LA RECETTE MIRACLE face à une augmentation modeste des contaminations sans tension réelle sur les hôpitaux.

Ce qui est efficace, ce sont les stratégies de dépistage massif, le traçage des contacts et isolement des personnes infectées en plus des classiques gestes barrières. Une grande étude a même démontré que le port du masque à grande échelle serait plus efficace que le confinement dans certains cas. Malheureusement, il existe très peu d'études sur les avantages et inconvénients du confinement dans un pays pauvre. Les chercheurs en médecine de l’Imperial Collège de Londres ont montré que les résultats attendus des politiques de confinement en termes de décès évités sont beaucoup plus faibles dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. PLUS DE DÉGÂTS À CONFINER QUE DE SAUVER DES VIES DANS UN PAYS PAUVRE.

2. Certaines modélisations disent qu’une politique de confinement généralisée MARCHE MOINS BIEN qu’une politique de test, de  tracing des contacts et d'isolement des malades.

3. Avant tout confinement, il faut remplir obligatoirement les critères épidémiologiques suivants :

- Le taux d’incidence ou nombre des nouveaux cas pour 100.000 habitants pendant la période d’une semaine doit dépasser 250 cas pour cent mille habitants. Mais on constate que la plupart des villes africaines ont une population d’au moins 2million d’habitants  et on a autour de 200 cas cumulés par semaine sois 30 nouveaux cas par jour. Il y a donc une incidence très faible de seulement 10 cas pour 100.000 habitants.  Loin du seuil d’alerte de 50 cas par 100.000 habitants, plus encore du seuil d’alerte maximale de 250 cas pour 100.000 habitants.

 - Le taux de multiplication du virus ou le fameux R effectif ou la capacité pour une personne infectée de contaminer les autres personnes.

Quel est le R actuel de certaines villes africaines pauvres ? Aux conseils scientifiques des pays africains de répondre à cette question.

Il est donc aléatoire de copier-coller des mesures aussi drastiques sans fondement scientifique solide !

- Le taux d’occupation des patients covid-19 de nos lits de réanimation. On voit bien que nous n’avons pas d’instrument statistiquement logique pour cet indicateur (très peu de lits de réanimation, services de réanimation vétustes et inexistants dans nos hôpitaux).

- La mortalité (surtout des patients de plus de 65 ans) dans les services de réanimation qui est un critère très robuste pour guider une politique de confinement.

En pratique, même si on assiste à une recrudescence évidente des cas actuellement dans certaines des villes africaines, aucun des 4 critères n'est rempli pour confiner aussi brutalement comme à la chinoise.

4. Dans tous les pays qui ont confiné leurs populations, une stratégie de dépistage massif est mise en place.

5. Des scientifiques londoniens ont démontré qu'il y a plus de désastres que de vies sauvées en imposant le confinement dans les pays pauvres. Des drames sociaux se passent sous nos yeux par manque d'infrastructures et de logements adaptés, manque de filets d'assurance maladie ou assurance chômage, travail précaire dans l'informel (quand on ne sort pas, on ne mange pas) des individus et familles qui survivent au jour le jour.

6. Contraignant ou non, seul ou associé à d’autres mesures, le confinement a des impacts désastreux PARTOUT dans le monde sur la santé psychologique et physique des populations.

7. Comme n'importe quelle mesure, le confinement ne sera jamais efficace si les populations n’y adhèrent PAS.

8. Il y a une temporalité dans le confinement à savoir que son effet est limité dans le temps. Une nouvelle vague survient très souvent au déconfinement. Il est fortement recommandé de donner du temps raisonnable aux populations pour préparer leur entrée en confinement. Ce temps de préparation doit allier pédagogie et information, concertation y compris des forces politiques, syndicats, société civile etc. Il faut à tout prix éviter que des mesures de santé publique soient brutales.

9. La communication pendant le confinement (pas de cacophonie) doit être axée sur les indicateurs clairs de levée de confinement ou de déconfinement à savoir la baisse des contaminations en dessous du seuil à atteindre, la baisse des admissions des patients en réanimation , la baisse du R effectif, le taux de positivité des tests, la baisse du nombre de décès .

10. Un confinement basé sur le seul chiffre absolu des contaminations qui plus est, très faible, est inadapté et dangereux.

 

Mais si déjà, nos concitoyens continuent de se laver les mains régulièrement, portent systématiquement des masques pour se protéger eux-mêmes , s'ils limitent au strict minimum les interactions sociales à domicile ou dans les lieux publics, acceptent de se faire dépister massivement en reconnaissant la réalité de la Covid-19 , de se traiter et s'isoler, on aura déjà gagné le combat contre ce virus.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article